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Une coordination décentralisée plus efficace envisagée pour une approche plus « ARTistique » de la coopération du développement
[19 Decembre 2009]Les délégués de 30 pays rendent leur copie au cours d?un symposium à Séville

Séville / Genève - La réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement et la mise en œuvre de la Déclaration de Paris sur l'efficacité de l'aide au développement sont plus à même d’être traitées via une action coordonnée aux niveaux local et régional, par le biais d’un nouveau multilatéralisme impliquant un éventail plus large de parties prenantes : voici en résumé, la teneur des conclusions auxquelles sont parvenues les délégués ce vendredi à Séville, à l'issue du symposium mondial qui les aura réunis pendant deux jours.

Plus de 300 délégués de 30 pays se sont en effet retrouvés dans la capitale andalouse pour partager leurs expériences de ces quatre dernières années sur la mise en œuvre de l’approche innovante du développement local promue par le PNUD via l’initiative ART. ART est l’acronyme de l’Articulation des Réseaux territoriaux et Thématiques de coopération au développement humain. Il s’agit d’une initiative qui vise à aider les autorités nationales et locales à mettre en œuvre leurs politiques de décentralisation en adoptant des programmes et un cadre opérationnel susceptibles d’harmoniser le travail d’une grande diversité d’acteurs, lesquels, bien souvent, adoptent des approches séparées et fragmentées, fondées sur leurs propres priorités plutôt que celles des communautés locales concernées.

« Bien trop souvent, la planification du développement se décide au niveau national, dans les capitales des pays et celles des donateurs, loin des populations censées bénéficier de l’aide », explique Giovanni Camilleri, coordinateur international de l’initiative ART du PNUD. « L’initiative ART s’efforce d’habiliter les autorités locales et régionales afin qu’elles contribuent à la planification de leur propre développement et qu’elles travaillent de concert avec les autorités nationales pour relever les défis imposés par la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.

Nelsa Toca, Secrétaire d’État à la planification de la République dominicaine a déclaré que l’approche proposée par l’initiative ART avait grandement contribué à la coordination de l'effort de développement dans son pays. « C’est grâce à ce cadre multilatéral que nous sommes désormais mieux armés pour exploiter les avantages comparatifs spécifiques de chaque partenaire du développement », a-t-il indiqué. « Ces avancées nous ont permis d'aboutir à une approche plus complète, qui est mieux à même de satisfaire les besoins et les priorités de notre population », a-t-il ajouté.

L’initiative ART est actuellement opérationnelle dans 18 pays en Amérique latine et dans un nombre plus restreint de pays en Asie, en Afrique et en Europe de l'Est. Selon Rosa Elcarte, directrice de la Coopération sectorielle et multilatérale à l’Agence espagnole de la coopération internationale pour le développement, les parties prenantes ont pu s’approprier l’initiative ART du fait qu’il s’agit à la fois d’un programme et d’un réseau. Il convient d'indiquer à cet égard que l’Espagne est le plus important partenaire bilatéral à l’appui de cette initiative, également soutenue par la Belgique, le Canada, la Grèce, l’Italie, Monaco et la Suède. « Bien que cette initiative soit née au sein du PNUD, elle n’appartient plus désormais de manière attitrée à l’Organisation », a indiqué Rosa Elcarte avant de conclure : « en fin de compte, l’initiative ART appartient aux communautés, aux autorités locales et aux secteurs public et privé dans les régions où elle est mise en œuvre ».

Le Sommet de Séville a mis en lumière dix avancées spécifiques enregistrées dans le cadre de l’initiative ART à ce jour, notamment le renforcement des capacités réussi des autorités régionales afin que celles-ci puissent évaluer leurs besoins et les articuler au sein d’une stratégie vouée au développement puis, en collaboration avec les autorités nationales, approcher des donateurs spécifiques pour solliciter leurs contributions à des solutions adaptées aux avantages comparatifs des uns et des autres. Tant et si bien qu’un grand nombre d’autorités de planification au sein des différents gouvernements concernés considèrent désormais cette approche comme une valeur ajoutée significative à leur travail, du fait qu’elle permet de lier les priorités au niveau des autorités locales et régionales et aide ainsi le gouvernement central à concevoir une stratégie nationale coordonnée.

Une autre réussite clé évoquée durant le Sommet est celle du transfert des expériences et des enseignements entre les différents pays en développement. Enfin, la capacité à relier les autorités locales et régionales du nord et du sud, de manière à promouvoir le partage des connaissances et des innovations en faveur du développement local a été également mise en lumière à cette occasion.

Bien que l’initiative ART ait vu le jour au sein du Hub for Innovative Partnerships, une structure du PNUD implantée à Genève, les discussions sont actuellement en cours pour incorporer cette approche dans la stratégie globale de l'Organisation et intégrer son cadre thématique dans l'élaboration des programmes du PNUD aux niveaux régional et mondial. En outre, une proposition a été présentée à Séville visant à créer une commission consultative mondiale spécifique à l’initiative ART, qui inclurait des représentants des différents partenaires du développement, de la société civile, des autorités locales et nationales et du secteur privé. « En reflétant l’approche multipartite préconisée par l’initiative ART, cette commission mondiale sera à même de tirer profit des leçons apprises depuis le début de la mise en œuvre de ce programme afin de proposer de nouvelles perspectives plus spécifiques sur la manière de coordonner et d’appliquer les meilleures solutions possibles aux défis posés par le développement local », a conclu Giovanni Camilleri.

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